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L'actualités des Éditions Duboiris:
  6 juin 2010
Les Africains face au nazisme Evénement exceptionnel à AIRAINES
A l'occasion du 70ème anniversaire des combats de la Somme et de l'appel du général de Gaulle, la ville d'Airaines rend hommage aux Africains qui ont résisté au nazisme et qui ont lutté pour la Libération de la France.

Hommage au Capitaine Charles N'Tchoréré, capitaine français d'origine gabonaise tué par les Allemands le 7 juin 1940 à Airaines après leur avoir livré une farouche résistance. En présence du corps diplomatique africaine, du porte-parole des anciens combattants, des représentants des autorités départementale et ministérielle françaises.

Pot de l'amitié et repas gabonais offerts par la municipalité et l'Association des Gabonais d'Amiens.

Projection exclusive du film documentaire LA FRANCE ET SES LIBERATEURS
Les Africains face au nazisme
réalisé par Charles Onana, produit par les Editions Duboiris.

Voir le teaser La france et ses libérateurs

Concert de Kristo Numpuby "Georges Brassens à l'africaine".
écouter

Un car sera à la disposition des participants : départ prévu à 9h00 dimanche 6 juin (RV devant la gare du Nord) et retour prévu à 21h00.

Inscription obligatoire ici
 
  10 mai 2010
Comémorations de l'abolition de l'esclavage à NANTES
A l'occasion des commémorations de l'abolition de l'esclavage et de la traite, la ville de Nantes, en partenariat avec 25 associations, propose un ensemble d'animations artistiques et culturelles : expositions, danses traditionnelles, contes et légendes d'Afrique et de Caraïbes, gospels et concerts...

Dans ce cadre, l'universitaire Alain Anselin donnera une conférence sur son livre "Le refus de l'esclavitude. Résistances africaines à la traite négrière" le lundi 10 mai 2010 de 14h00 à 16h00 à la médiathèque de Nantes (salle Jules Vallès).

Voir la vidéo de présentation ici

 
  24 avril 2010
Intervention de Charles ONANA à Bruxelles
Invité par l'UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), Charles Onana s'est exprimé sur la tragédie qui frappe actuellement le peuple congolais.

Programme des interventions :
-Les richesses minières du Congo : leur pillage et leur exploitation anarchique, incontrôlée et criminelle
-Les crimes organisés en Afrique centrale
-La tragédie congolaise : les processus constitutionnels, la médiocrité et l’immoralité d’une fraction de l’Elite congolaise…
-Le Combat noble et héroïque de nos Leaders et de nos Héros, en l’occurrence MM. Etienne Tshisekedi Wa Mulumba et Patrice Emery Lumumba pour la reconquête de notre dignité humaine, de nos libertés et de nos droits et pour insérer notre Pays dans le concert des grandes nations libres, modernes, démocratiques et prospères
-L’Opposition congolaise : enjeux géostratégiques et géopolitiques
-Du mobutisme au kabilisme : le Combat constant et non-violent de M. Etienne Tshisekedi

RV : Hôtel HUSA Président, Bld du Roi Albert II, n° 44, 1000 Bruxelles

Suivre l'intervention de Charles Onana
partie 1
partie 2 partie 2
 
  17 avril 2010
Cinquantenaire des indépendances
A l'occasion du cinquantenaire des indépendances, l'émission "Toutes les Frances", animée par Ahmed El Keiy, ouvre le débat : peut-on parler aujourd'hui d'un "nouveau départ" dans les relations entre la France et ses anciennes colonies ?

Charles Onana est l'un des participants à ce débat.

Voir le débat ici

A lire : "Victime du colonialisme, mon mari Félix Moumié" de Marthe Moumié, coll. ITINERAIRE, 2006, 15€.
 
 
Témoignage pour la libération du journaliste Déo Mushayidi/My Tutsi friend is in the hands of Africa’s Murder Inc.
Qui arrêtera le cartel du crime qui sévit aujourd’hui à Kigali ? Qui mettra un terme au calvaire sanglant des Tutsi, des Hutu et des Congolais ? Qui rendra justice aux Français, aux Espagnols et aux Canadiens tombés sous les missiles et les balles des tueurs qui ont pris, par la force, le pouvoir en 1994 au Rwanda ?

Pour l’instant, le silence règne. Peut-être aussi un certain malaise ! Face à l’escalade meurtrière du pouvoir rwandais, face aux fuites en cascade de militaires et de diplomates rwandais à l’étranger, face aux multiples persécutions d’opposants politiques, face aux arrestations arbitraires de citoyens rwandais dans leurs pays comme à l’étranger, les puissances occidentales qui soutiennent le régime de Kigali font profil bas. Pourtant, la vie de nombreux Rwandais est, à l’intérieur comme l’extérieur, plus que jamais menacée. Peu importe qu’ils soient Hutu ou Tutsi. Depuis l’époque des partis uniques, l’Afrique n’a pas connu une dictature aussi féroce et un pouvoir aussi cruel. Une situation intenable et forcément insupportable pour toutes les victimes de la tragédie de 1994 au Rwanda.

Mon ami et confrère Déo Mushayidi est une de ces victimes. Hier, il était membre du Front Patriotique rwandais (FPR). Aujourd’hui, il est victime du régime-FPR. Hier c’était des extrémistes hutu qui exécutaient les membres de sa famille, aujourd’hui ce sont les extrémistes tutsi au pouvoir qui s’apprêtent à l’assassiner. Devant la gravité de la situation, je ne pouvais pas rester les bras croisés. Si je réagis à travers ce texte, c’est pour soutenir mon ami kidnappé et envoyé au peloton d’exécution.

Voici deux semaines que Déo Mushayidi a été arrêté en Tanzanie avant d’être déporté à Kigali, la nouvelle capitale africaine du crime autorisé. Je n’ai pas voulu réagir dans la précipitation. Je voulais savoir ce qu’il avait fait et ce qu’on lui reprochait exactement. Après quelques jours d’attente, le régime du chef de l’Etat rwandais, Paul Kagame, a craché son venin en accusant Déo Mushayidi d’avoir porté ‘‘atteinte à la sûreté de l'Etat". Cette accusation lui a été signifiée lors de sa première comparution devant un juge à Kigali. Puis, l’accusation a enflé avec d’autres chefs d'inculpation : "trouble à l’ordre public, usage de faux, association avec un groupe terroriste, révisionnisme du génocide (contre les Tutsis) et divisionnisme". Une victime tutsi comme Déo Mushayidi ne pouvait attendre moins des porte-paroles autoproclamés des Tutsi. Ce sont ces imposteurs qui gouvernement désormais les collines du Rwanda.
Dans quelles circonstances Déo Mushayidi a-t-il été arrêté ? Qui a pris la décision de l’envoyer à Kigali ? En vertu de quelle convention internationale a-t-il été remis aux autorités rwandaises ou plus exactement à Paul Kagame ?
Le moins qu’on puisse dire est que rien n’est clair dans cette affaire. Mais, la décision très politique d’envoyer Déo Mushayidi au Rwanda est une incitation au meurtre d’opposants rwandais en exil. Cette initiative met particulièrement en danger tous les Tutsi qui refusent de se soumettre à l’autoritarisme sanglant de Paul Kagame.
Mon ami Mushayidi est en effet devenu un opposant au régime de Paul Kagame après avoir milité dans son parti au début des années 90 en Suisse. Jusqu’en 1994, avant la prise de pouvoir de Paul Kagame, il représentait le FPR à Genève. Dès son arrivée à Kigali, il fut parmi les premiers et rares Tutsi à comprendre ce qu’était réellement le nouveau régime de Paul Kagame.
C’est en 1999 à Washington que j’ai rencontré pour la première fois Déo Mushayidi. Prudent, mesuré et critique, Déo est un journaliste professionnel et un esprit ouvert. Il dirigeait un journal à Kigali et présidait l’association des journalistes rwandais.
Un soir, dans ma chambre d’hôtel à Washington, Déo Mushayidi me mit en garde contre l’image que les médias occidentaux donnaient de Paul Kagame et de son régime. Il le connaissait bien pour avoir travaillé avec lui et pour l’avoir vu agir. J’étais déjà en train d’enquêter sur le rôle de Paul Kagame dans l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion de l’ancien président rwandais, Juvenal Habyarimana. Attentat dans lequel le président burundais, Cyprien Ntaryamira, et l’ensemble de l’équipage français avaient trouvé la mort. Déo Mushayidi avait accepté de collaborer à cette enquête malgré les risques très importants qu’il encourait à Kigali. Au cours d’un dîner aux Etats-Unis, il m’a longuement parlé des crimes commis par les rebelles tutsi lors de la prise de Kigali et les multiples assassinats des Hutu en 1995, 1996 et 1997. Il m’avait également fait état du projet d’assassinat de l’ancien président du parlement rwandais, Joseph Sebarenzi, un Tutsi qui luttait contre le régime de l’arbitraire au sein du parlement rwandais. « Kagame, m’avait-il dit, voulait assassiner Sebarenzi. Car, il craignait que le président du parlement, très respecté, lui fasse de l’ombre ». Joseph Sebarenzi a fui le Rwanda et s’est exilé aux Etats-Unis.

Deo Mushayidi m’avait parlé d’autres projets d’assassinats visant aussi d’autres personnalités tutsi comme le journaliste Jean Pierre Mugabe, réfugié lui aussi aux Etats-Unis, avec qui j’avais beaucoup échangé sur le dossier de l’attentat et sur les méthodes violentes de Paul Kagame. Déo Mushayidi m’avait également entretenu des menaces d’assassinat qui pesaient sur lui. Il était calme mais préoccupé. Nous étions restés en contact et j’avais essayé de l’encourager comme je le pouvais. Le climat dans ce pays était exécrable et il l’est resté.

L’année suivante, au mois de mars 2000, mon téléphone sonne. C’est Déo Mushayidi qui m’appelle de l’ambassade de France à Kigali. D’une voix calme mais anxieuse, il me dit qu’il est en danger de mort. « Ne t’inquiète pas, ajoute-t-il, un ami français a pris des dispositions pour m’évacuer en Europe. Je lui ai donné ton numéro de téléphone au cas où j’aurais besoin de quelque chose. Dès que j’arrive en Europe, je t’appelle, conclut-il ». J’étais en effet rassuré de savoir que mon ami se trouvait dans les locaux de l’ambassade de France. C’était, à ce moment-là, l’endroit le plus fiable pour sa sécurité. Les jours suivants ont été difficiles car je ne savais pas si Déo Mushayidi allait réussir à quitter Kigali sans entrave. Mais, une semaine plus tard, je reçus un autre coup de téléphone. C’était à nouveau lui au bout du fil. Il était enfin arrivé en Europe et se trouvait loin des sbires de Paul Kagame. J’étais ravi de savoir que mon ami était hors de danger.
Si je raconte cet épisode aujourd’hui, c’est parce que j’ai l’impression que mon ami a été livré à ceux qui ont voulu l’assassiner en 2000. Tous ces efforts pour le sortir de Kigali ont- ils été vains ? Ce fonctionnaire français qui a sauvé Déo du gang de la mort peut-il être entendu par Monsieur Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, et Monsieur Nicolas Sarkozy qui apprécient tant Paul Kagame ? Pour ma part, je remercie ce Français d’avoir prolongé la vie de Déo Mushayidi et de lui avoir permis de lutter pendant dix ans pour la vérité et la justice dans son pays. Lors du procès que Paul Kagame avait intenté contre moi à Paris en 2002 à la sortie de notre livre sur l’attentat du 6 avril 1994, Déo Mushayidi était venu me soutenir. Il m’a toujours soutenu face aux multiples attaques dont j’ai été l’objet pour avoir osé mettre en lumière les crimes de Kagame contre les Hutu, les Tutsi et les Congolais. Quand il s’est réfugié en 2000 en Belgique, il a quitté le journalisme pour continuer son combat en politique. Il a continué à prôner l’équité et la justice pour toutes les victimes rwandaises de 1994 (Hutu et Tutsi confondus). Il a publié en 2008, avec l’ancien ministre de la Défense rwandais, le général Emmanuel Habyarimana, ancien collaborateur de Paul Kagame en exil en Suisse, un mémorandum adressé aux Conseil de Sécurité. Ce document très bien informé met en cause Paul Kagame, dans le pillage des ressources en République Démocratique du Congo (RDC), dans l’attentat contre le président Juvenal Habyarimana ainsi dans de nombreux autres crimes. Déo Mushayidi a toujours milité pour la paix et la réconciliation entre Rwandais. Une démarche que désapprouve totalement l’actuel gouvernement du Rwanda.
Hier, les Hutu étaient accusés par Paul Kagame d’avoir « planifié un génocide » contre les Tutsi. Aujourd’hui, mon ami Tutsi est accusé par le même régime de Paul Kagame de terrorisme et de négationnisme du « génocide tutsi ». Pourtant, Déo Mushayidi n’a jamais tenu de Kalachnikov comme Paul Kagame, il n’a jamais fait abattre un avion de présidents comme l’a fait Paul Kagame, il n’a jamais tué ses collaborateurs comme l’a fait Paul Kagame, il n’a jamais fait tuer ni Hutu ni Tutsi comme l’a fait Paul Kagame, il n’a jamais prôné le séparatisme entre Rwandais comme le fait Paul Kagame. Il n’a jamais envahi la République Démocratique du Congo (RDC) et massacré des millions de Congolais comme l’a fait et continue de le faire l’armée de Paul Kagame. Il n’a jamais pillé la RDC comme Paul Kagame le fait depuis bientôt treize ans. C’est pourtant Déo Mushayidi qui est désormais sur le banc des accusés, que dis-je, dans le couloir de la mort à Kigali. Et j’observe avec curiosité mais espoir, l’enthousiasme pondéré des médias internationaux à parler du sort réservé à Déo Mushayidi. Je suis étonné du silence pesant de la Belgique, pays qui avait accueilli mon ami et qui lui avait accordé l’asile politique. Je regarde, pensif, les gestes étriqués des organisations des droits de l’Homme promptes à harceler, sur ordre de Paul Kagame, de prétendus « génocidaires hutu ». Prennent-ils peut-être mon ami Tutsi pour un pauvre Hutu qui mérite, comme l’ancien président hutu du FPR, Pasteur Bizimungu, de disparaître en prison, pour préserver cette bande de criminels au pouvoir à Kigali ? Voient-ils aussi en Mushayidi un « génocidaire » ou un « divisionniste » et un « révisionniste » ? Puisque le régime dit qu’il est « terroriste » et tout cela à la fois, peut-être qu’il existe encore quelques écervelés pour le croire. En réalité, mon ami paye pour sa collaboration à mon enquête sur l’attentat du 6 avril 1994, pour son implication dans le travail d’investigation qui a abouti au mémorandum de 2008 et pour ses prises de positions publiques, en tant que victime tutsi et ancien membre du FPR, contre le régime de Kagame. Les charges de la dictature militaire rwandaise contre Déo Mushayidi relèvent de la construction et de l’arbitraire.

Devant le consensus mou de l’Union Européenne, principal pourvoyeur de fonds publics au régime autocratique et répressif de Kigali, je voudrais encore croire, pour ma part, que mon ami ne restera pas très longtemps ou pour toujours entre les mains du gang de la mort qui règne désormais sur le Rwanda et sur la RDCongo.


Charles ONANA
Auteur de :
- Les Secrets du génocide rwandais publié en 2002 aux éditions Duboiris avec la collaboration de Déo Mushayidi.
- Les secrets de la justice internationale, Paris, Editions Duboiris, 2005
- Ces tueurs tutsi au cœur de la tragédie congolaise, Paris, Editions Duboiris, 2009,


My Tutsi friend is in the hands of Africa’s Murder Inc.

Who will stop the criminal cartel that is currently running wild in Kigali? Who will bring an end to the grisly martyrdom of the Tutsi, Hutu and Congolese? Who will find justice for the French, Spanish and Canadians felled by the bullets and missiles of the assassins who seized state power in Rwanda by force of arms in 1994?

For the moment, all is silence. Maybe an uncomfortable silence—but silence nonetheless! Faced with the growing murderousness of the Rwandan authorities, faced with the torrent of Rwandan soldiers and diplomats fleeing into other countries, faced with ever more persecutions of political opponents, faced with arbitrary arrests of Rwandan citizens at home and abroad: the Western powers that support the Kigali regime are keeping their heads down. Yet the lives of many Rwandans, inside and outside the country, are now being threatened more than ever—regardless of whether they are Tutsi or Hutu. Not since the days of the one-party states has Africa experienced such a savage and ruthless dictatorship as the one in Kigali today. This unsustainable situation is unbearable for the victims of the Rwandan tragedy of 1994.

My friend and colleague Déo Mushayidi is one such victim. In the past, he was a member of the Rwandan Patriotic Front (RPF). Today, he is the RPF’s prey. Before, it was the ‘Extremist Hutu’ who slaughtered his family; today, it is the ruling Tutsi Extremists who are plotting his death. Given the gravity of the situation, I cannot just sit on my hands. By writing this now, I mean to support my friend, who has been kidnapped and is about to face a firing squad.

Two weeks ago Déo Mushayidi was arrested in Tanzania and transported to Kigali, Africa’s new capital of state-sanctioned crime. I did not react right away. I wanted to know exactly what he had done and what he was being accused of. After several days, the Kagame regime spat out its venom, accusing Déo Mushayidi of “endangering state security.” This was the charge made against him at his first appearance before a Kigali judge. Then, the indictment metastasized with other charges: “disturbing the peace, forgery, associating with a terrorist group, genocide revisionism and divisionism.” Déo Mushayidi, a Tutsi victim, should not have expected less from these self-appointed spokespeople for the Tutsi. The Rwandan hills are alive with such mountebanks.

What were the circumstances of Déo Mushayidi’s arrest? Who handed down the order to send him to Kigali? Under what international convention was he handed over to Rwandan authorities, or—more exactly—to Paul Kagame?

The minimum that can be said is that nothing is clear in this case. But the highly political decision to send Déo Mushayidi to Rwanda is very much a call by the current Kigali regime for the murder of exiled Rwandan political opponents. This initiative placed in particular jeopardy all those Tutsi who refuse to submit to the bloody authoritarianism of President Paul Kagame.

After actively campaigning for the RPF in Switzerland during the 1990s, my friend Mushayidi indeed became an opponent of the Kagame regime. Until 1994, before Kagame and the RPF had seized state power, Mushayidi was the Front’s representative in Geneva. Upon his arrival in Kigali, he was one of the first Tutsi to understand the reality of this new Rwandan government.

I first met Déo Mushayidi in Washington, DC, in 1999. Careful, measured and critical, he is a professional journalist and an open-minded individual. At the time, he was running a newspaper in Kigali and chairing the Rwandan Journalists Association.

One evening in my Washington hotel room, Déo Mushayidi warned me against the image of Paul Kagame and his regime being presented in the Western media. He knew a lot about this since he had worked with Kagame and seen just what he was capable of. I was in the midst of my investigation of Kagame’s role in the terrorist attack of 6 April 1994 against the plane of the sitting Rwandan President, Juvénal Habyarimana—an international crime against the peace in which the Burundian President, Cyprien Ntaryamira, and the entire French (civilian) flight crew were also killed. Déo Mushayidi had agreed to cooperate in my investigation despite the great risks he’d be running in Kigali. In the course of a dinner in the US he told me at length about the crimes committed by the Tutsi ‘rebels’ during their taking of Kigali and the mass killings of Hutu in 1995, 1996, and 1997. He had also reported on a plan to murder the former president of the Rwandan parliament, Joseph Sebarenzi, a Tutsi, who fought against the arbitrariness of the Rwandan legislature. “Kagame told me he wanted Sebarenzi dead. Because he feared that the speaker of the parliament, widely respected, would overshadow him.” Joseph Sebarenzi fled Rwanda and is now in exile in the United States.

Déo Mushayidi told me of other schemes to murder members of the opposition, like the Tutsi journalist Jean Pierre Mugabe, another refugee in the US today, with whom I had discussed a great deal concerning the history of the terrorist attack of 6 April and the violent methods favored by Paul Kagame. Déo also spoke to me of assassination threats against him. He was calm but concerned. We have stayed in touch, and I have tried to encourage him as much as I can. The atmosphere in this country was ghastly and remains so.

One day the following year, in March 2000, my phone rang. It was Déo calling from the French Embassy in Kigali. With a steady but anxious voice, he said he was in danger. “Do not worry,” he assured. “A French friend has made arrangements to get me to Europe. I gave him your number in case I need something. As soon as I arrive in Europe, I’ll call you,” he concluded. I was indeed reassured to know my friend was in the French Embassy. It was, at that time, the safest place for him. The following days were difficult because I did not know if Déo Mushayidi would be able to get out of Kigali unmolested. But a week later I received another call. It was Déo again. He had finally arrived in Europe and was far from Kagame’s henchmen. I was delighted that my friend was out of danger.

I tell this story today because I think my friend has been delivered into the hands of those who tried to murder him in 2000. Were all these efforts to get him out of Kigali in vain? Could the French official who saved Déo from his executioners get the ear of French Foreign Minister Bernard Kouchner, or President Nicolas Sarkozy, both of whom are well known to be very fond of Paul Kagame? For my part, I thank the French for prolonging Déo Mushayidi’s life and allowing him to fight for Truth and Justice in his country for another ten years. During my 2002 trial in Paris on charges brought against me by Paul Kagame for our book on the terrorist attack of 6 April 1994, Déo Mushayidi came out to support me. He has always supported me against the many attacks of which I was the object for having dared to shine a light on the crimes Kagame committed against the Hutu, Tutsi and Congolese. When he became a refugee in Belgium in 2000, he got out of journalism to be able to continue his political struggles. He still advocates for fairness and justice to all victims of the 1994 Rwandan Genocide (Hutu and Tutsi, alike). In 2008 he joined with former Rwandan Defense Minister, General Emmanuel Habyarimana, once a collaborator of Paul Kagame’s now living in exile in Switzerland, to publish a memorandum that was sent to the UN Security Council. That memo was extensively documented (including many highly classified documents) and explained Paul Kagame’s involvement in the plundering of resources from the Democratic Republic of Congo (DRC), in the terrorist assassination of President Juvénal Habyarimana, and many other crimes. Déo Mushayidi has always advocated for peace and reconciliation among Rwandans—an approach the current government of Rwanda completely rejects.

In the past, Paul Kagame accused the Hutu of having “planned a genocide” against the Tutsi. Now, the same Kagame regime accuses my Tutsi friend of terrorism and denial of the “Tutsi genocide.” However, Déo Mushayidi has never carried a Kalashnikov as has Paul Kagame, he’s never shot down a president’s plane as has Paul Kagame, he’s never killed his own staff as has Paul Kagame, he’s never killed either Hutu or Tutsi as has Paul Kagame, he’s never advocated discrimination against Rwandan citizens as does Paul Kagame. He’s never invaded the Democratic Republic of Congo (DRC) and butchered millions of Congolese as Paul Kagame’s military continues to do. He’s never plundered the DRC as Paul Kagame has for the last nearly thirteen years. Yet, it is Déo Mushayidi who is now in the dock—or should I say, on death row—in Kigali.

And I was struck with a curious hopefulness by the singular lack of enthusiasm shown by the international media in reporting the case of Déo Mushayidi. I’m especially surprised by the pall of silence hanging over Belgium, the country that welcomed my friend and gave him political asylum. And it was thought-provoking to see how little was made of his case by the Human Rights community, which is usually very quick to execute the orders of the Kagame regime by going after so-called ‘Hutu Genocidaires.’ Are they, perhaps, confusing my Tutsi friend with some poor Hutu who deserves to disappear behind jailhouse walls, as did former Rwandan President Pasteur Bizimungu, in order to protect the criminal syndicate currently in power in Kigali? Do they also see Déo Mushayidi as a ‘genocidaire’ or a ‘divisionist’ and a ‘revisionist’? Since the regime said he was all those things and a ‘terrorist’ to boot, maybe there are still some brain-donors out there who believe it. The reality is that my friend is paying for his involvement in my investigation of the terrorist attack on 6 April 1994, for his investigative work that led to the memorandum of 2008, and for his public positions as a Tutsi victim and a former member of the RPF working against the Kagame regime. The charges by the Rwandan military dictatorship against Déo Mushayidi are simply arbitrary and capricious fabrications.

Given the weak consensus within the European Union, the principal contributor of public funds to the repressive autocracy in Kigali, I would like to think that my friend will not remain for long in the hands of Africa’s Murder Inc., which is currently ravaging Rwanda and the DRC.


Charles Onana

Author of:

- The Secrets of the Rwandan Genocide, Paris, Editions Duboiris, 2002 (in collaboration with Déo Mushayidi)

- The Secrets of International Justice, Paris, Editions Duboiris, 2005

- These Tutsi Killers at the Heart of the Congolese Tragedy, Paris, Editions Duboiris, 2009

 
  29 septembre 2008
Campagne pour renommer le "pic Agassiz"
"De gauche, je suis généralement peu surpris par l’absence de scrupule de la bourgeoisie suisse dans le choix de ses partenaires commerciaux, mais ce fut pour moi un vrai choc. Des relations avec Pinochet, Botha, Suharto, Mobutu, Duvalier, Abacha? Bien sûr. Je connaissais la galerie des dictateurs qui ont eu des liens privilégiés avec la Suisse! Mais une famille saint-galloise, propriétaire d’esclaves au Surinam? La grande dynastie textile de Trogen (AR) – où j’enseigne l’anglais et l’histoire au lycée cantonal – qui s’enrichit grâce au trafic triangulaire?
Par la suite, j’ai contacté des amis, historiens et archivistes. Des sources qui confirment ces faits existent bel et bien. Cette implication suisse s’inscrit dans la logique de l’histoire économique européenne du XVIIIe siècle. Les livres d’Albert Wirz, sur la traite transatlantique, ou de Daniel Moser (Berne), sur «l’Holocauste Noir», confirment ces thèses. Après la coopération helvétique avec les nazis et avec l’Apartheid, voilà un troisième chapitre de notre histoire, auquel il fallait faire face... Les villes françaises de Nantes et du Havre, de même que celles de Liverpool et de Bristol, en Grande Bretagne, ont dû parcourir un chemin douloureux pour admettre, qu’en tant que grands ports négriers, une part considérable de leurs richesses venait du sang et de la sueur des esclaves. Ce processus a duré jusqu’aux années 90. Aujourd’hui, Liverpool a choisi d’affronter ouvertement son passé esclavagiste, si bien qu’on l’appelle la ville «championne toutes catégories».
Soyons optimistes! Travaillons ensemble pour mettre en route le même processus en Suisse! Neuchâtel? Genève? Saint-Gall? Quelle ville deviendra la Liverpool de Suisse?" Hans Fässler

Voir le reportage "Faut-il renommer le pic Agassiz" sur le Télévision Suisse Romande

signer la pétition en faveur du mont Renty

A télécharger:

 L'auteur et le livre dans la presse
 
  18 novembre 2006
L'APPEL DES AFRICAINS DE LA FRANCE LIBRE 60ème anniversaire de la Libération
En 1939, lorsque la France est attaquée puis occupée par l’armée d’Adolphe Hitler, son empire vient à son secours. C’est en partie grâce aux Africains du Maghreb et du Sud du Sahara que la France, sous l’impulsion du général de Gaulle, va reconquérir la dignité et la liberté du peuple français. Du Tchad au désert libyen, en passant par le Maroc, le Liban, la Syrie, l’Italie et l’Allemagne, nous, « tirailleurs » africains, sommes allés partout au combat contre les nazis et contre l’armée de Mussolini. Nous avons défendu avec force et détermination les villes et les villages français dans la Somme, le Vercors ; les Ardennes, etc. Parmi nous, des milliers de morts, de blessés et de rescapés.

Une fois la victoire obtenue, la France, qui disait être notre « mère patrie », nous a oubliés et abandonnés. Pis, en 1959, une loi dite de « cristallisation » a transformé nos pensions françaises en «indemnités viagères ». C’est-à-dire que nous ne pouvions plus avoir la même pension que nos camarades français.

En 1979, un décret du même type est venu renforcer cette injustice. Beaucoup de nos camarades sont morts sans toucher leur pension. D’autres, quelques survivants, peinent à toucher une pension décente, digne de leur sacrifice. Nous sommes aujourd’hui, à 70 ans, 80 ou 90 ans, dans l’impossibilité de manger, de nous soigner, de nous vêtir décemment. Certains de nos camarades sont parfois mis en situation d’humiliation où il faut lutter devant les tribunaux jusqu’à épuisement, parfois même jusqu’à la mort. Nos veuves et nos enfants rencontrent les pires difficultés devant les administrations françaises pour faire valoir leurs droits. Certains de nos fils et de nos filles sont mêmes expulsés de France. Comme si tout ce que nous avons fait pour la libération de la France était sans valeur et insignifiant.
Pour notre dignité et pour celle de nos enfants, nous avons décidé, à la veille des commémorations du 60ème anniversaire de la Libération de la France, de livrer notre dernier combat pour l’histoire et pour la justice.

Nous demandons la « décristallisation » totale des pensions de tous les anciens combattants de l’armée française. Nous demandons l’égalité des droits avec nos camarades français. Nous voulons être payés maintenant sur un fonds exceptionnel car tous nos camarades meurent chaque jour sans toucher leur pension. Nous ne demandons pas l’aumône. Nous réclamons nos droits. Nous voulons que la France nous respecte et qu’elle respecte notre sacrifice pour la liberté que nous avons rendue à tout le peuple français en débarquant en Provence en 1944 avec les alliés.

SIGNER LA PETITION EN LIGNE
 

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